Conseil fédéral: la botte secrète des Tessinois

Piaffant de longue date de retrouver un siège au Conseil fédéral, les Tessinois ne sont pas restés inactifs. En 2011 et 2012, ils ont demandé via des initiatives cantonales à passer de 7 à 9 conseillers fédéraux.

Serpent de mer de la politique fédérale (première votation sur ce sujet en novembre 1900 déjà !), cette proposition est parvenue à retenir l’attention d’une majorité de la Commission des institutions politiques du Conseil national, qui a rédigé une proposition. Comme d’habitude, cette adaptation a été blackboulée en septembre 2016 pat 97 voix contre 88. Bien que la surcharge du Conseil fédéral soit notoire, une majorité craint pour la collégialité, oubliant que celle-ci relève de l’éthique personnelle et pas du nombre…

Lors des discussions, les opposants à une telle réforme (principalement PLR et UDC) ont notamment rassuré les Tessinois en argumentant qu’elle n’était pas nécessaire pour satisfaire leur revendication légitime, des promesses ont été faites, et elles sont suffisamment récentes pour que les députés tessinois les rappelle opportunément à leurs collègues. La députation tessinoise compte bien utiliser cette botte secrète en faveur d’Ignazio Cassis.

Ironie de la campagne actuelle, la Vaudoise Isabelle Moret avait soutenu cette réforme et s’était fortement engagée pour une clarification du texte de la Constitution sur la représentation des régions, qui varie d’une langue à l’autre.

En février 1999, l’abrogation de la « clause cantonale » avait recueilli 74,7% de oui, la preuve que le peuple et les cantons ne sont pas aussi rétifs qu’ont le dit à des réformes dans la manière de choisir les conseillers fédéraux.

A quand une initiative populaire pour le passage à 9 conseillers fédéraux, qui donnerait les moyens à l’Assemblée fédérale de mieux gérer les questions de genre et de représentativité régionale et de se concentrer sur les compétences des candidats?

Pour mémoire, une analyse sur les avantages du passage de 7 à 9:

http://chantaltauxe.ch/tessin-a-quand-un-conseiller-federal/